05.07.2016

« Répondre aux évolutions de notre société par de nouveaux services »

Pour « être acteur d’une société qui change » (thématique de la 4e Semaine nationale des Hlm), les organismes Hlm doivent apporter des réponses ciblées selon les locataires et renforcer leur accompagnement selon Laurent Goyard, directeur de la Fédération nationale des offices publics de l’habitat (OPH).
Crédits photo : Lionel Pagès - Fédération des OPH

De quelle façon le Mouvement Hlm doit-il « être acteur d’une société qui change » ?

Pour répondre aux évolutions de notre société et à ses nouveaux besoins, les organismes Hlm ont dû diversifier leur offre de logement et revoir la nature de leurs services. Ils doivent poursuivre dans ce sens. La population accueillie en Hlm est de moins en moins homogène. Les modes de vie y sont très diversifiés, comme les parcours résidentiels. Nous ne pouvons plus proposer d’offre type comme il y a 30 ans. Au-delà d’un logement, nous proposons aujourd’hui des services intégrés, qui répondent aux attentes de nos différents publics.

Il s’agit par exemple de nouveaux types de foyers au sein desquels l’organisme assure les services en propre, ou encore des maisons médicales pour maintenir une offre de santé dans les territoires ruraux. Pour les jeunes apprentis, nous voulons développer aussi des logements adaptés : entièrement connectés et avec un système de conciergerie pour faciliter leur mobilité.

Au-delà d’offrir des logements abordables et de qualité, les OPH accompagnent ainsi les mutations de notre société, en y impliquant souvent leurs locataires.

Comment permettre aux locataires d’être aussi des acteurs à part entière de leur cadre de vie ?

Il n’y a pas de réponse parfaite, c’est une réflexion constante. Mais il est évident que nous devons déjà renforcer leur fierté d’habiter en Hlm pour les impliquer et les pousser à agir. En cela, la Semaine nationale des Hlm est un moment de cohésion et de fierté unique.

Au quotidien, nombreuses sont les réflexions et les actions auxquelles participent les habitants. C’est le cas par exemple des projets liés à la maîtrise énergétique. Plusieurs OPH associent ainsi en amont et dans la durée les locataires à la conception de leur habitat et à leur performance énergétique.

Dans un autre registre et depuis peu, de plus en plus d’OPH impliquent des habitants dans le cadre du service civique. Près de la moitié des premiers volontaires sont des jeunes issus de nos résidences. Ils contribuent notamment à l’accompagnement des personnes âgées ou valorisent les éco-gestes au sein du parc Hlm. Nous attendons prochainement un agrément national pour faciliter leur recrutement par l’ensemble des OPH et prévoyons des centaines de volontaires d’ici mi 2017.

En tant qu’acteur de terrain, quel est pour vous le principal défi à prendre en compte pour le Mouvement Hlm aujourd’hui ?

Parmi les priorités, nous devons à tout prix éviter de concentrer les populations les plus modestes au sein d’un même quartier, ce qui a pour conséquence de les couper du reste de la société. Notre cohésion sociale passe par une mixité au sein de chacun de nos quartiers et de chacune de nos résidences.