06.04.2017

Maïmouna Doucouré : du concours Hlm sur cour(t) aux César !

En février dernier, Maïmouna Doucouré remportait le César du meilleur court-métrage pour son deuxième film : Maman(s). Une réalisatrice prometteuse, révélée à l’occasion du concours Hlm sur cour(t).

"Lorsque j’ai dit à ma mère que je voulais faire du cinéma, elle m’a dit : 'C‘est pas pour nous, est-ce que tu vois des gens qui te ressemblent ?' Aujourd’hui maman, j’espère que j’ai réussi à te prouver le contraire". Son César en main, Maïmouna Doucouré parvient difficilement à cacher son émotion durant la grand-messe du cinéma français. Elle vient de remporter le prix du meilleur court-métrage pour "Maman(s)", à ex-aequo avec Alice Diop pour "Vers la tendresse".

Hlm sur cour(t) : un événement déclencheur pour Maïmouna Doucouré

Un succès précoce pour cette jeune réalisatrice qui n’avait réalisé qu’un seul film auparavant : "Cache-cache", un court-métrage qui a vu le jour en 2013 grâce au concours Hlm sur cour(t)... Organisé chaque année à l’occasion de Semaine nationale des Hlm, cet événement soutient le projet de 3 réalisateurs, dont le scénario est en lien avec la thématique du logement social. À l’époque, la réalisatrice en herbe a dû tout apprendre sur le tas : "J’ai décidé de participer au concours mais je ne m’attendais pas à être sélectionnée ! J’écrivais beaucoup mais je n’avais pas prévu de me consacrer si tôt à la réalisation". C’est la thématique des Hlm qui a incité Maïmouna Doucouré à se lancer dans le grand bain : "J’ai découvert ce concours de manière fortuite. C’est le thème qui m’a interpellée. J’ai grandi en Hlm et j’ai considéré que, par ce vécu, j’aurais des choses intéressantes à exprimer et à transmettre."

Utiliser l’œil de l’enfant pour raconter la vie en Hlm

"Cache-cache" est ainsi né et son tournage aura lieu dans l’ensemble Hlm où Maïmouna Doucouré a grandi : une cité de type HBM (Habitation à Bon marché) des années 1920. Déjà, on retrouve dans cette oeuvre les éléments qui font le succès de "Maman(s)" : la poésie du regard, le prisme de l’enfance, la découverte du monde des "grands"… "Pour raconter ma vision des Hlm, il était important pour moi d’utiliser l’œil de l’enfant. Un œil neuf, innocent."

Depuis cette première aventure, Maïmouna Doucouré n’a plus lâché la caméra. "On peut dire que c’est grâce à ce concours, "Hlm sur cour(t)", que j’ai attrapé le virus ! Je n’ai qu’une hâte : remettre le pied à l’étrier !", déclarait-elle fin 2013. "Cache-cache" venait d’être récompensé au festival Génération court et la réalisatrice préparait son second projet : un certain "Maman(s)"

Avis aux lauréats 2017

En 2016, Maïmouna Doucouré retrouve Hlm sur cour(t), mais cette fois-ci en tant que membre du jury. L’occasion pour elle de souligner l’effet tremplin du concours pour les jeunes réalisateurs. Et de rappeler quelques conseils pour les futurs lauréats : "Le premier conseil que je donnerais est de s’amuser, de considérer ce concours comme un jeu, de prendre du plaisir. Ensuite, je pense qu’il est très important d’être sincère dans ce que l’on raconte. Il faut également savoir que c’est très éprouvant, mais que, peu importe l’expérience des candidats, ce projet est extrêmement bénéfique." Avis aux lauréats de l’édition 2017 d’Hlm sur cour(t)… avant de concourir aux César ?