Capter les usages et créer les conditions de réussite d’un projet d’innovation sociale

Interview de Céline Di Mercurio, chef de mission Innovation sociale et RSE de l’Union sociale pour l’habitat.

1/ L’innovation sociale permet aujourd’hui d’élaborer de nouvelles réponses à des besoins sociaux mal satisfaits ou complètement nouveaux. Selon vous, quel est le principal défi pour le secteur Hlm en matière d’innovation sociale ?

Les organismes Hlm ont toujours été des acteurs de l’innovation sociale selon les sujets, les territoires ou les organisations. L’innovation sociale permet de trouver des réponses aux nouvelles attentes et besoins des personnes (demandeurs de logement, locataires-habitants, accédants à la propriété). Les parcours de vie se singularisent. L’un des principaux enjeux pour les bailleurs sociaux est d’apporter des réponses personnalisées et d’accompagner ces parcours de vie dans toute leur diversité alors que la règlementation qui s’applique au logement social vise plutôt à standardiser et à encadrer l’activité. Le défi aujourd’hui est que l’innovation sociale soit intégrée dans les pratiques professionnelles de façon généralisée et systématique dans les organisations. Les technologies évoluent toujours plus vite et l’écosystème des acteurs du logement social s’étoffe. Les organismes Hlm doivent s’organiser pour capter les usages, créer les conditions de créativité et d’émergence de projet avec leurs parties prenantes et développer des solutions adaptées.

2/ Il existe de nombreux exemples d’innovation sociale des organismes Hlm qui reposent sur une coopération d’acteurs. Quels sont pour vous les critères de réussite d’un partenariat qui vise à améliorer le vivre-ensemble et la qualité de vie des plus précarisés ?

Les conditions d’un partenariat portent pour l’essentiel sur des intérêts convergents ou un but commun, de la méthodologie de projet et des engagements respectifs. Par exemple, dans le cadre de l’appel à projets « 10.000 logements Hlm accompagnés » lancé par l’USH avec l’Etat, des solutions innovantes ont été apportées par les organismes à des ménages en grande difficulté, avec l’appui des associations et des autres partenaires du territoire. Ces projets ont permis de prendre en compte la situation des personnes dans leur globalité (logement, insertion, santé…). Ils ont également été les vecteurs d’une adaptation des dispositifs locaux, par exemple au travers de plateformes partenariales. Dans les objectifs de vivre-ensemble et de qualité de vie des habitants, l’un des changements est la marge de manœuvre proposée aux habitants ou le « faire avec » pour, par exemple, co-définir, avec les partenaires locaux, les moyens d’atteindre un objectif comme la réduction des encombrants dans un quartier.

3/ En quoi la Semaine nationale des Hlm est-elle importante sur ce sujet ? Mettez-vous une ambition particulière derrière cet événement ?

La semaine Hlm permet de créer un temps fort de valorisation et de partage des différentes initiatives en matière d’innovation du mouvement Hlm. C’est un excellent moyen pour faire circuler les idées, faire connaître des projets et se rencontrer, puisque c’est ouvert à toutes et tous, autour de l’innovation dans le secteur Hlm.